POUR UN ENVIRONNEMENT MOINS MALADE DE NOS MÉDICAMENTS

Les déchets problématiques nécessitent une plus grande attention en matière de prévention et de traitement. Au Luxembourg, tout est mis en œuvre pour gérer la collecte des médicaments après leur péremption, notamment grâce au travail de la SuperDrecksKëscht, en collaboration avec les pharmacies. Uwe Zock et Thomas Hoffmann, respectivement responsable du secteur de la santé et responsable communication, chargé environnement et chargé RSE à la SuperDrecksKëscht, reviennent sur l’importance environnementale, mais aussi économique, que revêtent le tri et la gestion des médicaments et autres déchets sensibles.

Le recyclage serait un vrai jeu d’enfants s’il suivait le principe de l’économie circulaire. Cependant, tous les déchets ne sont pas transformables en nouvelles ressources ou matières premières. Certains, plus sensibles que d’autres, doivent être éliminés car ils sont impossibles à réintégrer dans un circuit de réutilisation des ressources. Les médicaments, cosmétiques et autres compléments alimentaires qui s’accumulent très souvent dans les armoires et boîtes à pharmacie des ménages en font partie.

Depuis 1993, la SuperDrecksKëscht s’attache à collecter les médicaments pour éviter leur mélange nocif avec d’autres déchets et ainsi protéger l’environnement. « En ce qui concerne la collecte, trois solutions s’offrent aux particuliers. Ils peuvent se rendre dans un centre de recyclage ou dans les pharmacies pour les petites quantités de médicaments. Enfin, nous réalisons des collectes mobiles dans les villages », détaille Uwe Zock, responsable du secteur de la santé à la SuperDrecksKëscht. Les emballages et les notices sont ensuite triés dans le centre de logistique de la SuperDrecksKëscht à Colmar-Berg pour être recyclés.

Incinérés à haute température

Une fois collectés, ces médicaments transitent vers l’Allemagne pour y être traités dans une usine d’incinération de déchets spéciaux. « C’est actuellement la technique la plus durable en matière d’élimination pour ce type de déchets problématiques. En les traitant ainsi, nous empêchons leur propagation dans la nature ou encore la pollution des eaux », explique Thomas Hoffmann, responsable communication, chargé environnement et chargé RSE.

Empêcher la pollution des eaux et la propagation dans la nature

Par ailleurs, des maladies chroniques comme le diabète sont aujourd’hui traitées à domicile par des injections via des patchs ou des seringues. Une fois utilisées, les aiguilles présentent un danger potentiel si elles ne sont pas éliminées proprement.

« Nous avons prévu des conteneurs de 1 ou 2,5 litres afin d’offrir davantage de sécurité aux employés des sociétés d’élimination, aux occupants des ménages, mais aussi aux patients qui peuvent se blesser. Ces boîtes à usage privé sont disponibles gratuitement sur demande dans les pharmacies et auprès de la SuperDrecksKëscht », précise Uwe Zock.

Vers une utilisation plus raisonnée des médicaments

« Nous organisons aussi des formations au sujet de la gestion des déchets sur demande au sein de divers établissements tels que des maisons de retraite. En jouant sur la prévention, nous parvenons à sensibiliser les particuliers et les ménages par rapport à la gestion des déchets. Le nombre d’habitants croît chaque année au Luxembourg, ce qui augmente logiquement la quantité de déchets sur notre territoire. Il est donc nécessaire d’informer, d’accompagner et de motiver les résidents dans cette démarche de tri », poursuit Thomas Hoffmann.

Informer, motiver et accompagner les résidents dans cette démarche de tri

En 2019, 195,98 tonnes de déchets médicaux et cosmétiques ont été collectés au Grand-Duché, soit 312,8 grammes par habitant. De tels chiffres soulèvent forcément des problématiques liées à une utilisation plus raisonnée des médicaments. En digitalisant ses processus, le secteur de la santé ouvre le champs des possibles notamment grâce à la personnalisation des parcours de soin et à l’accompagnement individuel des patients.

A l’avenir, la prescription des médicaments et leur quantité pourrait s’adapter en fonction du traitement ou du métabolisme de tout un chacun. « Une telle personnalisation existe déjà dans certains pays. La médecine individuelle représente donc une solution intelligente pour réaliser des économies. Elle permet en effet de lutter contre la production et la vente de médicaments superflus, tout en empêchant le gaspillage et l’accumulation des déchets problématiques », conclut Uwe Zock.

SuperDrecksKëscht
Zone Industrielle Piret
L-7737 Colmar-Berg
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