lundi 23 février 2026

La zone industrielle Piret à Colmar- Berg, plusieurs camions verts transitent vers un seul et même lieu. Tous sont ornés du visage d’un petit homme de la même couleur, le pouce levé qu’il accompagne d’un clin d’œil, à savoir le logo de la SuperDrecksKëscht. Thomas Hoffmann, responsable communication, chargé environnement et chargé RSE, revient sur les activités et les projets liés à la préservation de l’environnement… en plein cœur du centre logistique, là où les produits reprennent une seconde vie, au milieu des sacs plastiques et des produits électroménagers.

La SuperDrecksKëcht existe depuis 1985 et vous êtes dans l’entreprise depuis un peu plus de 25 ans. Pouvez-vous revenir sur les différentes étapes qui ont forgé et marqué son existence pour devenir l’un des acteurs majeurs du recyclage au Luxembourg ?

C’est vrai, je suis l’un des plus anciens (rires). Au départ, la SuperDrecksKëcht était une action du ministère de l’Environnement en collaboration avec les communes. Pour résumer, nous nous occupons des déchets problématiques, comme les huiles, les graisses alimentaires, les pesticides, les emballages,… Nous avons au total plus de 5.500 tonnes de déchets par an qui concernent aux deux tiers ceux des ménages privés. L’autre tiers est dédié aux 5.000 entreprises qui nous font confiance. Mais ce n’est pas grand-chose comparé aux autres plus grands collecteurs, car pour ainsi dire, cette gestion des déchets prend de moins en moins d’importance,
ce qui nous permet d’être davantage concentrés sur les autres grands projets qui composent notre activité. Nous mettons l’accent sur le conseil
auprès des entreprises et des institutions telles que les écoles, ce qui englobe la prévention mais aussi la formation. Lors de ces sessions nous apprenons aux petits et aux grands, à mieux consommer, à lier écologie et sécurité dans les entreprises ou à mieux utiliser les produits. Nous avons par exemple lancé le projet « Clever Akafen » pour une consommation intelligente et durable. Des produits comme des piles, des peintures, des lampes,… s’ils sont équipés de la vignette « Clever Akafen », signifient qu’ils sont respectueux de l’environnement.

Plus récemment, en juin 2018, nous avons lancé le projet « Ecobox » qui lutte contre le gaspillage alimentaire. Il s’agit de fournir les restaurants ou les cantines avec des petites boîtes en plastique réutilisables de 500 ou 1.000 ml, elles sont idéales pour amener des repas par exemple.

Comment fonctionne ce volet conseil dans les entreprises, les institutions ou chez les particuliers ?

Il prend la forme d’un accompagnement personnalisé. Concrètement, nous avons une équipe d’environ 20 personnes qui s’occupent de ce volet, ils se déplacent régulièrement dans les entreprises et les résidences ou se rendent sur les chantiers. D’autres projets plus spéciaux concernant l’agriculture ou encore les réfugiés nous tiennent à cœur. Ces derniers par exemple sont parfois originaires de pays où les structures de collecte séparée n’existent pas, nous sommes là pour les former et leur apprendre les bonnes pratiques.
Pour les entreprises ou les écoles, nous leur donnons rendez-vous sur place, nous fouillons les poubelles du lieu pour découvrir quels types de déchets s’y trouvent. Nous les analysons pour ensuite réaliser un concept de gestion des déchets personnalisé avec des tris, une collecte séparée, des conseils de prévention etc.

Ces formations, ces conseils,… ont-ils eu un impact quant à l’importance de la gestion des déchets ou est ce avant tout une question de changement de mentalité ?

Nous y avons contribué, oui, mais nous ne sommes pas les seuls, beaucoup
d’acteurs différents entrent en jeu. Tout un écosystème propice s’est mis en place pour que les mentalités changent. A l’époque, dans les années 1980, certains chefs d’entreprise avaient d’autres priorités, ils étaient plus conservateurs. Aujourd’hui, la nouvelle génération est
plus concernée par l’environnement et accorde plus d’importance aux différents labels comme le « SuperDrecksKëscht fir Betriber » que l’on a créé en 1992 et qui a déjà récompensé près de de 3.000 entreprises pour leurs actions responsables.

Les entreprises ont pris conscience de la problématique des emballages plastiques. Cela ne signifie pas non plus que les déchets ont diminué. Nous connaissons plutôt un « rebound effect », c’està-dire qu’un déchet en remplace un autre… ce qui fait que la somme global reste quasiment la même. Au début des années 2000, nos entreprises affiliées ont réduit de 20 à 30% leurs déchets, l’arrivée des capsules de cafés en 2006 et 2007 a fait remonter ce pourcentage par exemple. Pour autant, la sensibiliation au niveau de l’environnement s’améliore progressivement, et pour preuve, Les Verts ont gagné trois sièges aux dernières élections.

Elaborer une conception des produits avec un pourcentage de réutilisation ou de recyclage de plus en plus élevé.

Comment voyez-vous l’avenir du recyclage, peut-on déjà parler d’économie circulaire ?

Est-ce qu’automatiser la collecte séparée donnerait du sens à notre travail ? Personnellement, et par expérience, je pense que non. Mettre plusieurs déchets différents, comme des bouteilles de lait avec des emballages, du bois avec des huiles,… dans une seule et même machine pour les trier ne fonctionnera pas car il y aura forcément des mélanges de produits et des impuretés qui seront reversées ailleurs. Mais sinon oui, notre vision sur le long terme se rattache à l’économie circulaire.

Avec ce modèle, nous faisons pourtant face à une problématique importante: celui de l’écoconception. Il faut des produits qui peuvent être entièrement réutilisés, s’inspirer du concept « cradle to cradle ».
Le produit idéal doit donc être fabriqué sans éléments toxiques, de façon modulaire et avec des matières écologiques. Le but principal est d’élaborer une conception des produits avec un pourcentage de réutilisation ou de recyclage de plus en plus élevé. Aujourd’hui, en moyenne, nous parvenons à recycler 70 à 80% des produits. Le reste est soit incinéré, soit éliminé.

SuperDrecksKëscht
Z.I. Piret
L-7737 Colmar-Berg
www.sdk.lu

David Bousrez, directeur d’Ecotec, situé dans la zone industrielle Gadderscheier à Sanem, présente ses activités de revalorisation des déchets. Il revient sur les principaux cycles de vie d’un produit, mais aussi sur ses craintes vis-à-vis des nouveaux matériaux utilisés dans la construction, tout en insistant sur le principe d’écoconception.

« Environ 80% des déchets que nous accueillons ici à Sanem proviennent du secteur de la construction, 10% viennent des entreprises industrielles et le reste des administrations communales voisines », résume David Bousrez, directeur du centre de tri et de valorisation Ecotec. Environ 40.000 tonnes de déchets y transitent et y sont traités chaque année: des déchets de la démolition et de la déconstruction mélangés, des matières plastiques, en passant par le bois ou encore les déchets inertes tels que les pierres ou le plâtre qui sont les résidus classiques du domaine de la construction. « Le recyclage est un marché complexe. Pour autant la valorisation des déchets et le recyclage font partie de nos priorités et sont nos principaux objectifs. Par contre, ceux qui ne sont pas recyclables sont utilisés pour produire de l’énergie, mais nous essayons au maximum de remettre à disposition sur le marché les matières premières ou secondaires pour les recycleurs. En résumé, nous sommes tributaires des entrées des déchets sur notre site, mais aussi de ses sorties », détaille David Bousrez.

Le Luxembourg, un modèle ?

Le déchet ne doit plus être considéré comme tel, mais comme une matière réutilisable, le terme en lui-même se redonne une nouvelle approche et change donc de sens, tout comme les décisions politiques et les mentalités. « Je trouve que le Luxembourg fait partie des excellents élèves en Europe dans ce domaine, notamment depuis l’instauration et surtout la mise en application de la loi du 21 mars 2012 concernant la gestion des déchets. Le Grand-Duché est même devenu un exemple en matière
de tri obligatoire et de collecte. Je pense avant tout que l’éducation des enfants dès le plus jeune âge reste primordiale pour changer les mentalités et le regard vis-à-vis des déchets et du respect de l’environnement. Ce qui impacte nécessairement l’ensemble des autres secteurs comme celui de la construction, où le tri des déchets s’est amélioré puisqu’il est très souvent réalisé directement sur le chantier par les équipes sur place. Nous sensibilisons et conseillons les entreprises pour être plus efficaces dans nos relations et améliorer le travail de chacun », détaille le directeur d’Ecotec.

Le principe fondamental de l’écoconception

Le domaine de la construction, justement, regroupe plusieurs types de déchets d’époques différentes. « C’est un secteur traditionnel, donc nous sommes souvent confrontés à d’anciens matériaux, d’il y a 10, 20, 30 ou 40 ans voire plus. Ce sont parfois des déchets composés de produits dangereux comme l’amiante (fibrociment amianté) et c’est aussi notre rôle d’éliminer ces erreurs du passé », poursuit David Bousrez. Et le présent ? Selon lui, les nouveaux matériaux utilisés dans le bâtiment et leurs impacts dans la vie quotidienne sont encore flous, notamment pour la partie recyclage de même que leur tri.

« Aujourd’hui, beaucoup évoquent l’isolation dans les nouvelles maisons par exemple, mais de notre côté, c’est l’inconnu. Que fera-t-on avec ces produits une fois qu’ils ne seront plus utiles? Car ces isolants sont parfois mélangés à d’autres produits, par exemple polystyrène, laine de bois, laine de roche,… auxquels s’ajoutent à certains d’entre eux des adjuvants qui améliorent les propriétés des matériaux ou bien pour optimiser la sécurité des personnes, être apyres,… Je pense par exemple aux tuyaux d’évacuation d’eau en polypropylène ou encore au polystyrène expansé. Alors oui, la sécurité est importante, mais il ne faut pas oublier non plus l’environnement et voir cette problématique de façon globale: tous ces adjuvants rendent pour l’instant les produits très compliqués à recycler », se méfie-t-il. Tout l’enjeu se trouve dans le principe d’écoconception qui, pour résumer, intègre les aspects environnementaux dès la conception et le développement d’un produit ou, ici en l’occurrence, d’un bâtiment.
« Il faut tendre vers cette mentalité. Lorsqu’un produit sort du marché, il doit être pensé pour ses possibles utilisations futures et notamment pour le recyclage. Là encore, c’est le but de l’économie circulaire ».

Un marché déstabilisé

« Nous faisons également face à une nouvelle problématique, surtout depuis le début de l’année 2018, lorsque la Chine a décidé de bloquer ses importations de certains déchets comme les matières plastiques… alors qu’elle en était le premier importateur il y a peu de temps encore. La globalisation et la mondialisation entrainent des répercussions partout ailleurs et donc en Europe et au Luxembourg, le marché du recyclage se trouve ainsi déstabilisé ».

Derrière ces difficultés se cachent pourtant de nouvelles opportunités. « Il s’agira de mettre en place des installations de recyclage au niveau européen afin d’être plus respectueux de l’environnement, et donc d’éviter de naviguer des milles et des milles marins avec des conteneurs jusqu’en Asie», étaye le directeur, qui voit à travers ce prisme, une opportunité d’innover au niveau de la fabrication même de plastique plus écologique et aussi, d’en finir avec cette logique erronée du « tout-jetable ».

Ecotec sarl
Z.I. Gadderscheier
L-4984 Sanem
www.ecotec.lu

La modification structurelle profonde des modes de production et de consommation de l’énergie est devenue un enjeu majeur. Mais comment la préparer ? Quelle stratégie doivent mettre en place les fournisseurs d’énergie pour mieux respecter l’environnement ? Le point avec Peter Räke et Julien Solvi, respectivement Head of Sales, Innovation and Digitalisation Services et Head of Technical Services.

Enovos veut devenir un catalyseur de la Troisième Révolution industrielle au Grand-Duché. Quelles sont les initiatives que vous avez prises pour atteindre cet objectif ?

Peter Räke : L’efficacité énergétique est un des piliers essentiels dans l’étude Rifkin et le Luxembourg possède encore un grand potentiel dans ce domaine. Enovos travaille sur ces sujets depuis des années et a acquis une grande expertise en la matière. Nous délivrons des conseils pratiques pour réaliser des économies de gaz naturel et d’électricité et avons mis en place les enoprimes, un programme de subventions accordées aux particuliers, professionnels et responsables d’une administration qui engagent des travaux de rénovation énergétique. Nous soutenons les initiatives prises par le gouvernement et en encourageons d’autres à tous les niveaux, que ce soit pour les clients résidentiels, professionnels, industriels ou institutionnels.

Un autre pilier important de l’étude Rifkin est l’augmentation de la production d’énergies renouvelables. Enovos investit dans la production énergétique à base de sources renouvelables, principalement dans les énergies éoliennes et photovoltaïques. Enovos assume ainsi son rôle de force vive de la transition énergétique au Luxembourg. Un rôle important incombera aussi à la production d’énergie décentralisée et au consommateur, qui produira sa propre énergie renouvelable, par exemple à travers une installation photovoltaïque.
Tous ces éléments ne feront qu’accélérer la transition énergétique et Enovos a l’ambition de contribuer fortement aux objectifs de la Troisième Révolution Industrielle.

Julien Solvi : L’augmentation de la production d’énergies renouvelables devient d’autant plus importante si on considère notre troisième axe en faveur de l’environnement, à savoir l’électro-mobilité. Nous proposons avec nos partenaires une vaste gamme de produits de recharge pour véhicules électriques et des solutions de mobilité intégrée. Ainsi, grâce à enodrive, il est possible de recharger sa voiture en électricité verte partout au Luxembourg. Associés à la carte de mobilité mKaart Chargy, nos services de recharge offrent un accès à tout le réseau Chargy, soit 800 stations publiques d’ici 2020, ainsi qu’aux bornes publiques et semi-publiques des partenaires d’Enovos. Nos services enodrive se déclinent en différentes formules en fonction des habitudes et profils de nos clients.

Enovos a été un des premiers fournisseurs d’énergie européens à écarter de son offre les sources d’énergie polluantes. Comment pouvez-vous garantir à vos clients une électricité 100% verte ?

Julien Solvi : Depuis le 1er octobre 2011, Enovos fournit tous les clients à tarif standard en énergie verte naturstroum. Celle-ci est produite uniquement à partir de sources d’énergie renouvelables (énergie hydraulique) et attestée par TUV sur base de GoO (Guarantee of Origin). Outre le tarif de base vert naturstroum, nous proposons le tarif vert premium nova naturstroum issu d’énergies solaire,
éolienne, hydraulique et de biomasse produites dans la région ainsi qu’en Europe. Etant donné que ces énergies renouvelables proviennent de centrales de production récentes et modernes, nova naturstroum est une électricité verte de haute qualité.
Nous sommes le seul fournisseur au Luxembourg à faire examiner notre électricité par un institut indépendant. Nos clients peuvent donc être assurés qu’ils profitent d’une énergie issue de sources renouvelables, de haute qualité et réellement verte, car le certificat TÜV garantit l’origine verte et régionale de nova naturstroum.
Par ailleurs, dans le but de promouvoir et mettre en valeur les sources d’énergie renouvelables, l’efficacité énergétique et les éco-technologies au Luxembourg, Enovos récompense les projets des particuliers, professionnels et communes via son fonds nova naturstroum doté annuellement de 200.000 euros.
Nous avons été parmi les premiers à nous engager dans la digitalisation, la décentralisation et la décarbonisation.

Selon vous, quel sera le rôle des fournisseurs d’énergie, et d’Enovos en particulier, dans le monde de demain ?

Peter Räke : Le marché de l’énergie est en train de changer de manière significative. Chez Enovos, nous en sommes conscients et répondons à ces enjeux en développant et en implémentant des solutions innovantes pour nos clients. Nous nous sommes engagés depuis longtemps dans cette transition énergétique qui se développe autour d’une stratégie en 3 D : digitalisation, décentralisation et décarbonisation. Un bon exemple pour la digitalisation est la future mise à disposition d’informations détaillées sur la consommation d’énergie via un site web ou une application suite au déploiement des compteurs intelligents. Les modes de production d’énergie vont évoluer vers une plus grande décentralisation et, à terme, le renforcement de l’autonomie du pays. A l’avenir, le Luxembourg dépendra moins des grosses centrales de production au profit d’une énergie locale, plus durable et plus respectueuse de l’environnement. La décarbonisation va également s’accélérer grâce au déploiement d’installations photovoltaïques sur les toits de bâtiments et l’électrification de la mobilité.

Energy for today. Caring for tomorrow

Face à tous ces défis, nous nous sommes préparés. Notre groupe s’implique dans de nombreuses solutions technologiques et des projets de recherche visant à innover, notamment dans le stockage de l’électricité et la gestion intelligente de la production et la consommation d’énergie. « Energy for today. Caring for tomorrow » est bien plus qu’un slogan pour nous. C’est un credo pour lequel nous nous battons tous les jours.

Enovos Luxembourg S.A.
L-2089 Luxembourg
8006-6000 (numéro gratuit)
serviceonline@enovos.eu
www.enovos.lu

Le Parc naturel Mëllerdall qui a reçu ce label en 2016 représente le plus jeune des trois parcs naturels luxembourgeois et englobe onze communes dans l’est du pays. Structure qui avance le développement régional durable, le parc est un acteur à visages multiples. Claude Petit, directeur du parc, présente un tour d’horizon de la nature multidimensionnelle du Parc naturel Mëllerdall.

« Bien que l’idée d’un parc naturel dans la région du Mëllerdall ait circulé depuis plus de quinze ans, cette conception doit se développer au sein de la région. Ce sont notamment les communes elles-mêmes qui doivent s’emparer d’une telle vision et avancer dans ce processus par un effort collaboratif », raconte Claude Petit qui a rejoint le projet en 2012.

Projet dirigé par le « Syndicat Mullerthal » à partir de 2009, les études, l’une préparatoire et l’autre détaillée, prévues par la loi relative aux parcs naturels de 1993, ont fixé les cadres thématiques et financiers du parc. Le directeur explique : « ces études ont bénéficié d’une approche très participative réunissant des parties prenantes diversifiées. Dans le cadre de l’étude détaillée, réalisée au bout d’un an et demi, nous avons tenu une soixantaine de réunions, tables rondes,… sans compter les meetings internes. Ce fut une période très intense et excitante ».

Tout au long de ce processus, le projet a pu compter sur l’expérience et le savoir des homologues des autres parcs : « leur conseil primordial était de réaliser des projets dès le début afin d’acquérir la visibilité nécessaire et de rendre le concept abstrait de parc naturel plus tangible au public ».

Une quête à visages multiples

En effet, la vocation d’un parc naturel s’avère assez vague pour un néophyte. Claude Petit éclaircit : « l’objectif primaire d’un parc naturel est le développement régional durable. Contrairement à son nom, les aspects économiques et sociaux sont mis sur un pied d’égalité avec l’environnement et la protection naturelle, soulignant l’approche holistique adoptée pour concrétiser le développement durable. A travers ces trois volets, l’homme et la population régionale sont mis au cœur des efforts ».

Alors que la vision globale et la gestion des trois parcs naturels sont presque identiques, les priorités thématiques divergent selon le contexte spécifique des différentes régions. « L’étude détaillée a relevé six fils thématiques qui sont censés guider le travail du parc suivant les trois volets, ainsi qu’un sujet spécial. Chaque thème et ses projets concomitants, comme l’agriculture et l’exploitation forestière, tentent de concilier les divers volets du développement durable et portent le message qu’un parc naturel œuvre bien au-delà de la protection naturelle ». Quant au sujet spécial, l’accent est actuellement mis sur la géologie, qui est d’ailleurs une partie intégrante de la marque du Mëllerdall et incarne une valeur touristique.

Le succès de la candidature déposée auprès de l’UNESCO en novembre 2017 pour obtenir le label de géoparc mondial amplifierait la renommée internationale et l’attrait touristique de la région. Le directeur précise : « tout comme le parc naturel, l’objectif d’un géoparc consiste dans le développement régional, avec une emphase sur la géologie. Au vu des objectifs similaires des deux labels, il importe d’en assurer la complémentarité et de communiquer cette constellation parallèle de façon claire ».

La communication revêt une importance majeure pour présenter la vocation du parc aux divers publics et pour rapprocher des perspectives différentes : « outre les voies de communication traditionnelles et en ligne, notre projet phare est l’offre d’un large éventail d’activités. Il s’agit de transmettre l’idée du développement durable par le biais d’une activité attrayante à un public très diversifié et d’ainsi transporter les messages de la vocation du parc de manière interactive ».

Une quête collaborative

Plateforme pour élaborer des projets régionaux, le parc naturel permet également aux communes de participer à des projets européens, comme le projet « LIFE-IP Zero Emission Protection Areas » qui est réalisé conjointement avec onze partenaires allemands : « il met en relief la protection climatique dans toutes ses dimensions, cherchant avant tout un usage d’énergie efficace et identifiant les opportunités pour la population régionale d’entrer dans la production d’énergies renouvelables ». Ce projet révèle d’ailleurs la volonté des communes de coopérer dans la mise en œuvre du Pacte Climat, bien que celui-ci n’ait pas été abordé au niveau régional comme le font les Parcs naturels de l’Our et de Haute-Sûre. La protection climatique, tout comme les efforts en faveur du développement durable, s’inscrivent dans le cadre socio-économique avancé par l’étude stratégique de 2016 réalisée par le ministère de l’Economie ».

Les aspects économiques et sociaux sont mis sur un pied d’égalité avec l’environnement

Sa genèse, son mode de gestion par le biais d’un syndicat mixte composé de représentants communaux et étatiques, ainsi que ses projets qui sont souvent coordonnés avec d’autres acteurs régionaux comme LEADER ou l’Office Régional du Tourisme Région Mullerthal – Petite Suisse Luxembourgeoise, témoignent d’une approche axée fortement sur la coopération et la collaboration. Selon Claude Petit : « vu l’incorporation du parc dans un réseau d’acteurs multiples, l’ouverture d’esprit et la volonté de coopérer sont incontournables et constituent l’un des facteurs contribuant au succès d’un tel projet ».

Regardant vers l’avant, Claude Petit espère renforcer et mener à bien les projets entamés et réaliser des résultats tangibles sur le terrain en faveur de la population régionale, tout en consolidant davantage la coopération à tous les niveaux. Et, dans ce cadre, il souhaite que le parc serve d’exemple de ce qui peut être atteint par le biais d’une collaboration efficace sur le plan régional.

Par Eric Harsch